Résultats de la vague 3


Les menaces sur la démocratie « à la française »,

Les nouvelles inquiétudes de l’opinion. Les menaces sur l’environnement et la crise économique restent en ce mois de mars, les premières menaces que redoutent les Français, bien qu’ils persistent à faire bonne figure face aux événements dramatiques de la période récente.

On constate également la montée régulière d’une inquiétude des Français de voir rogner le champ d’exercice de leurs libertés fondamentales : peurs des « bases de données individuelles », de « l’influence des médias sur l’opinion publique », des « limitations des libertés fondamentales », ou de « l’influence des grandes entreprises dans la vie sociale et politique ».

• L’inquiétude des Français ne cesse de croître depuis 6 mois.

Calculé sur la base de la moyenne de leurs peurs particulières, cet indice est ainsi passé de 5,87 en octobre dernier, puis à 6,07 fin novembre pour s’établir à 6,17 au mois de mars : une augmentation qui reste encore mesurée, mais qui indique par sa régularité une tendance de moyen terme.

• Environnement et situation économique et sociale : une hiérarchie des inquiétudes qui reste stable.

Les premières peurs des Français restent celles qui concernent les menaces pesant sur l’environnement (6,92), une attitude qu’on ne peut plus mettre sur le seul compte des retombées médiatiques de la COP 21.

En second lieu vient, comme lors de la vague précédente, les préoccupations sur la dégradation des conditions économiques et sociales (6,65).

• La montée des peurs à l’égard des « puissants ».

On constate qu’un ensemble cohérent de menaces suscite un niveau de peur élevé :

« Développement des bases de données » (7,55), « influence des médias sur la vie publique » (7,02), « influence des grandes entreprises » (6,76), « concentration des richesses entre les mains d’un petit nombre d’individus » (6,86), menaces desquelles il convient de rapprocher « le dépérissement de la démocratie parlementaire » (6,84). Ces peurs ne sont pas nécessairement le fait des catégories les plus défavorisées de la société, mais plutôt de ses couches supérieures (cadres professions libérales et professions intellectuelles supérieures.

On peut donc s’attendre, notamment avec les répercussions d’affaires telles que celle des Panama Papers, à ce que ce sentiment de méfiance à l’égard des pouvoirs s’approfondisse avec le temps.